IDEES

Dans cette rubrique vous trouverez des ressources :

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g ARGUMENTER CONTRE LES PREJUGES

 
retrouver le petit guide de la cimade contre les préjugés sur les migrants

 aidez nous à trouver des arguments contre ces préjugés ! :

" Ils nous volent notre travail ! " ou
" C'est à cause d'eux qu'il y a du chômage ! "
  1. Un travail ne se vole pas, c'est une demande qui rencontre une offre
  2. Les pays qui ont régularisé massivement n'ont pas vu leur chomage augmenter, au contraire !
  3. Les travaux que se voient en majorité attribuer les étrangers suivent la règle des 3D :
     Dangerous (dangereux), Dirty (sale), Dull (ennuyeux)
  4. Le chômage n'est pas dû à l'immigration mais à des conditions économiques aux multiples facteurs complexes ! (capital, investissement, spéculation, salaire, contribution, exportation, ...)
  5. L'immigration ne nuit pas aux nationaux

" Ils sont trop différents ! "  ou
     "ils ne peuvent pas s'intégrer ! "





"Ils ont tous les droits ! " ;



 " Ils viennent pour les aides sociales ! " ;



"Avec le trou de la Secu, on peut plus se permettre ! "

  1. Selon le rapport 2007 de IGAS et de IGF, il n y a pas de fraude à l'AME, pire l'ETAT doit 1 milliard d'euros à l'assurance maladie ...
  2. En régularisant les travailleurs clandestins, l'Espagne a bouché le trou de sa SECU



"Ils vont nous envahir !" ou
"Ils font plus d'enfant ! "



"Ils sont tous délinquants ! "
rapport de l'INHES sur les étrangers mises en causes pour des atteintes aux biens et aux personnes





g RETABLIR des VERITES : FAQ (Foire Aux Questions)

cpour nous aider à construire ce chapitre rendez vous sur notre forum !



g APPRONFONDIR LA REFLEXION

Articles ou ressources qui nous paraissent interessantes. Proposez-nous vos trouvailles !

NOS "PRODUCTIONS LOCALES"
Article VP mai juin 2007
PARADOXES
AIMEZ VOUS LES FRAISES ?
Article VP juillet aout septembre 2007

MIGRATIONS INTERNATIONALES
Les mouvements de population à l'heure de la mondialisation


HISTOIRE de l'IMMIGRATION
http://barthes.ens.fr/clio/revues/AHI/index.html
http://perso.orange.fr/sylvain.weisse/integration/histoiref.htm
http://www.vie-publique.fr/politiques-publiques/politique-immigration/index/


FRONTIERE
Liberté de circulation et ouverture des frontières
De quelques fausses évidences sur l’immigration


ASILE
Réforme de l'asile
FORUM REFUGIES - RAPPORT 2006
Contre-rapport sur l’immigration et le droit d’asile de l'UCIJ
Bilan 2006, Observation associative dans la zone d’attente de Roissy, Février 2007
10 conditions minimales pour que l'asile soit un droit réel


EXPULSION / RETENTION / ELOIGNEMENT
Où nous ménera   la politique du chiffre ?
Les expulsions à tous prix ?
Circulaire mettant en place la politique du chiffre
Etude sur le coût des expulsions


VIE PRIVE / VIE FAMILIALE / SANTE
Les étrangers malades
 L’AME est-elle en train de rendre l’âme ?
rapport audit IGAS sur l AME


TRAVAIL


EUROPE


ACCUEIL / INSERTION / SOCIALISATION
La politique d’immigration (1974 - 2005) - 30 ans de maîtrise des flux migratoires
De la loterie à la tromperie (rapport cimade sur la circulaire du 13 juin 2006 concernant les enfants de sans papiers)
Rapport de la Cour des Comptes sur l'efficacite des politiques d'intégrations (2004)
Divers rapports sur le portail VIE PUBLIQUE


VIOLENCES POLICIERES
Paroles de policiers
Site de l'INHES



Article pour la Vie Protestante mai juin 2007 :
"75 propositions pour une politique d'immigration lucide et réfléchie"

Samedi 21 avril 2007, la groupe cimade a organisé une conférence publique sur les 75 propositions élaborées collectivement dans le cadre de la campagne "Assez d'Humiliation ! " Laurent Giovannoni, secrétaire national de la cimade animé cette conférence. Ses propos ont fait l'objet d'un grand et bel article dans La Montagne du lundi 23 avril.

   Arrivera-t-on à endiguer la dégradation progressive des libertés et droits individuels ? Arrivera-t-on à préserver les héritages juridiques d'un Temps où les Hommes voulaient construire une civilisation du "Vivre Ensemble" et de la Solidarité ? Arrivera-t-on à résister contre la déferlante culturelle de la compétition, de la concurrence, de l'efficacité sans conscience, de la rentabilité financière suprême, de la responsabilisation individuelle de son destin déconnecté du contexte social et politique ?
Nous ne sommes pas encore au milieu de l'orage, mais il grossit à l'horizon...
   Les mutations sociales, politiques, économiques et techniques de ces dernières décennies rendent les infrastructures et les superstructures de l'ancien ordre mondial incohérentes et inadaptées. Tout est à réinventer et tout se réinvente au jour le jour : les solidarités, l'organisation sociale, le partage des richesses et du pouvoir, la structuration politique... Ce constat fait peur pour les uns et ouvre des perspectives nouvelles pour les autres. C'est ainsi que nous avons observé en Europe un repli identitaire fort, répondant à la déstabilisation induite par cette mutation que l'on appelle mondialisation. La France n'y échappe pas : avec le récent débat mélant immigration et identité nationale, avec la pénétration des thèses de l'extrême droite dans les partis de droite mais aussi de gauche. Mais aussi et surtout, avec la politique du chiffre. Cette politique vise à reconduire à la frontière un nombre toujours croissant d'étrangers et toute l'action publique en la matière est orientée par cet objectif : virer les "pas-d'chez-nous-illégaux-qui-pillent-not'sécu-et-tout-ça".  Ainsi, le curseur de la légalité se déplace pour multiplier les irréguliers expulsables, les droits fondamentaux deviennent inaccessibles, l'administration devient procédurière et déshumanisée, la police se compromet dans des actions contraires à son code de déonthologie.
   Sachant que le nombre de sans papier est évalué à 300 000, que pour expulser, en 2006, 26 000 étrangers, les préfectures et la police n'ont pas hésité à boucler des quartiers, à pratiquer des contrôles par nationalité et organiser des expulsions collectives, à procéder à des interventions musclées devant les écoles, à exiger des foyers d'hébergement la liste de leurs résidents étrangers pour venir les chercher de bon matin manu militari, à abuser de la crédulité et du civisme des gens par des convocations pièges, à intimider et à poursuivre les militants de la solidarité, à expulser des demandeurs d'asile déboutés quitte à ce qu'ils se fassent assassinés à leur arrivée, etc. Si pour atteindre 26 000 expulsions en un an, la République s'est autant défigurée, que va -t-elle devenir pour atteindre 30 000, puis 50 000 voire 100 000 expulsions par an ? Va-t-on créer une distinction visible à porter obligatoirement comme l'étoile jaune en 1940 ? Des lignes aériennes spéciales avec des avions de Fret pour contenir plus d'expulsés ? Des centres de rétention géants aux conditions d'hygiènes minimalistes ? ...
   Biensûr il ne faut pas crier au loup inutilement, mais posons nous la question : où nous mène cette politique ? Et si cette logique s'arrête au point où elle est arrivée, c'est à dire à 26 000 expulsions par an, à quoi sert-elle ? Car elle est inefficace au regard de l'objectif annoncé : 26 000 sorties, c'est juste un peu plus que les entrées, ce qui n'a aucun effet notoire sur la masse de sans papier présents. Alors pourquoi ? Pourquoi autant de brutalité ? Pourquoi faire autant peur ? Pourquoi stigmatiser et diaboliser les étrangers ? Pourquoi faire mourir le droit au profit de l'arbitraire ? Pourquoi défigurer ainsi la civilisation des Droits de l'Homme ? Pourquoi réveiller chez nos concitoyens la haine, sinon la suspicion de l'étranger ? Les conseillers du candidat ex-ministre de l'Intérieur ne nous ont pas répondu autrement que par un sourire gêné...
   La Cimade ne se contente pas de critiquer, elle propose. Après une nécessaire régularisation importante pour réparer les injustices et les humiliations, il faudra mettre en place une politique d'immigration orientée par le respect des Droits de l'Homme, la Dignité de la personne humaine et la Volonté du "vivre ensemble". Fermer les frontières et régulariser massivement périodiquement n'est pas une politique responsable. Pour une politique d'immigration lucide et réfléchie, la Cimade a élaboré 75 propositions autour de 8 thèmes. biensûr ces propositions ne sont pas un programme "clé-en-main", mais elles ont le mérite d'offrir une approche de l'immigration qui ne soit pas celle de la menace et du danger. Ces 75 propositions seront notre fil rouge pour les années à venir. Nous développerons les actions de sensibilisation pour maintenir la flamme allumée et multiplier les sources de lumières.

Nous faisons appel à tous ceux qui souhaitent apporter leur contribution à ces actions à y participer et à nous rejoindre !



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PARADOXE


Le premier geste de Nicolas Sarkozy fut de se rendre à une stèle, posée au Bois de Boulogne à Paris en l’honneur de jeunes résistants fusillés. Comme tout au long de sa campagne, il ne manqua pas d’y rendre hommage à Guy Mocquet, jeune militant communiste, lui aussi exécuté par les allemands.

En cet instant, difficile de ne pas penser aussi au groupe Manouchian de l’Affiche Rouge, comme à d’autres étrangers qui donnèrent leur vie ou leur jeunesse pour la libération de la France. Immigrés, juifs, ouvriers, communistes, socialistes, pour beaucoup parlant mal le français ou logés dans des taudis : probablement, nombre d’entre eux eurent été recalés si à l’époque on leur avait imposé un contrat d’intégration.

En fait et à l’extrême, le sacrifice de ces résistants étrangers traduit l’unique critère « d’identité nationale » : la volonté ou le fait, indépendamment de son origine ou de son mode de vie, d’être citoyen. C’est à dire d’appartenir à une communauté de destin, de valeurs. En l’occurrence : la liberté, l’égalité, la fraternité.

Supposant une adhésion individuelle et volontaire, aucun ministère, aucun Etat ne saurait donc pré-définir qui est digne ou indigne d’être français. D’ailleurs, qui des émules contemporains de la petite France antisémite et xénophobe, délatrice et collaboratrice ou ceux de Manouchian seraient les plus à mêmes d’être français ?

Egalement difficile de ne pas se rappeler la contribution apportée par les « Indigènes » à la Libération de la France. Cette réalité historique, popularisée il y a un an par le film, contraste avec la volonté de nier toute « repentance ».

« Repentance ». Avec démagogie et dédain, ce terme désigne la dette de la France envers les peuples des ex-colonies. Il prétend ainsi exonérer notre responsabilité quant aux conflits et à la misère y sévissant. Au néo-colonialisme ultra-libéral, s’ajoutent rejet et mépris de la part des pays occidentaux, réunis prochainement en G8.

Darfour, Iran, Colombie, Liban, etc … Collant aux éphémères humeurs de l’opinion publique et des projecteurs médiatiques, les discours politiques ne trouvent pas de qualificatifs suffisamment forts pour en décrire l’horreur, le chaos insécuritaire ou l’absence de démocratie. Hypocrite et paradoxale attention, comme naguère à propos de l’Afghanistan, de la Serbie, de l’Irak etc…

Ainsi, la France a été récemment condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, pour bafouer, entre autres, son devoir de protection. Pourtant né des leçons tirées des horreurs de la deuxième guerre mondiale, le droit d’asile, version européenne, se restreint constamment, ne laissant que très peu de chances au darfouri, au colombien, à l’iranien, au libanais, venu tout simplement chercher la paix, la sécurité, la Liberté.

Toujours à propos de la Résistance, difficile enfin d’oublier Lucie Aubrac, décédée récemment. Les engagements de cette combattante inlassable des Droits de l’Homme, étaient marqués par le désir exigeant de fraternité, de tolérance, de justice, de progrès démocratique et social, d’émancipation, d’universalité. Ces idéaux ont profondément marqué l’époque de la Libération.

Leur générosité tranche avec le énième durcissement législatif à l’encontre des étrangers, annoncé par Brice HORTEFEUX, nouveau ministre de l’immigration, de l’intégration, de « l’identité nationale » et du co-développement.

Depuis 1986, la classe politique, amalgamant insécurité, clichés racistes et immigration, semble en demander toujours plus. En substance, elle proclame « Votez pour nous, nous serons fermes avec les étrangers, une bonne fois pour toute, et les problèmes d’emploi, de logement, de la sécurité sociale, de terrorisme, d’insécurité seront réglés». Revendiquer pendant vingt ans les mêmes recettes restrictives revient bien, selon le bon sens, à en constater l’échec. Voire leurs vices. En effet, précarisant les étrangers, elles favorisent les passeurs, les exploiteurs de main d’œuvre clandestine, et autres économies parallèles.

Elles remettent aussi en cause le droit de vivre tranquillement en famille, le droit de vivre honnêtement de son travail. Force est alors de constater un décalage supplémentaire entre, d’un côté, les conséquences de ces lois et, de l’autre les valeurs familiales, laborieuses que sacralise le nouveau Président.

Habillés des paillettes du cérémonial, nourris des nouveaux gourous de la communication, les lapsus volontaires, les paradoxes assumés du nouveau pouvoir élyséen à l’égard des symboles ne sauraient en évacuer ni la force, ni le sens.

Monsieur le Président, vous invoquez l’esprit de la Résistance. Chiche ! Comptez sur nous pour le faire vivre, pour le rappeler, tant aux responsables politiques qu’aux citoyens. C’est, certainement et effectivement, cela la grandeur de la France.


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AIMEZ VOUS LES FRAISES ?

Le Canard enchaîné du 30 mai dernier revient sur un reportage d’Arte consacré à El Ejido, proche d’Almeria, port du Sud de l’Espagne. Avantagé par son climat, cet endroit permet aux consommateurs européens de déguster toute l’année, fraises, tomates, poivrons, oranges, etc… Royaume de la serre en plastique et de l’agriculture industrielle, El Ejido attire non seulement les grossistes en fruits et légumes, mais également les clandestins originaires de l’autre rive. Travaillant sous un soleil de plomb, avec pour salaire deux euros l’heure au lieu des quatre cinquante légaux, logés dans des espèces de cabanes en plastique, telle est la vie rêvée de ces clandestins.

Comme le relate le Canard, le patron n’est guère complexé. « A quoi ça sert d’introduire ces gens couverts de maladies, avec la délinquance par derrière, les trafic de drogue, tout ce haschisch ? En les employant, on se contente de les empêcher de devenir délinquants… ». Ben, voyons. Seule l’exploitation par le travail rendrait utile cette population, par ailleurs forcément inassimilable. Notre nouveau premier ministre l’a carrément qualifiée, ce 4 juin, de « menace pour notre cohésion nationale ». Suite à la repêche par la marine française d’une vingtaine de cadavres d’immigrants, M. FILLON prévient « l’Europe n’est pas un Eldorado ».

Eldorado ? A force de transformer l’Europe en forteresse, notamment par la délivrance de visas au compte-goutte, à force de précariser la situation administrative des étrangers, à force de refuser absolument toute régularisation, ce sont les gouvernements successifs qui ont contribué à développer passeurs, employeurs clandestins, fabricants de faux-papiers, pseudo accompagnateurs ou pseudo traducteurs, proxénètes, mafieux, arrangeurs de mariages, etc … Bref, toute cette économie parallèle et rapace, tous ces trafics dont les premières victimes, et non les premiers responsables, sont les migrants. Quel autre choix pour passer que de tenter sa chance en radeau de fortune, en « zodiac », que de se glisser dans le train d’atterrissage d’un avion? Quel autre choix que de travailler clandestinement, se livrant aux chantages des patrons.

"On ne pouvait pas se rebeller, nos patrons menaçaient de nous livrer à la police", relate Demba SidibÉ au Monde du 4 juin dernier, tandis que Mahamadou MALLÉ déclare à l’AFP « Si tu essayais de riposter, on nous disait "vous êtes des sans-papiers, faites gaffe"». Ils font partie des 47 grévistes du Buffalo-Grill de Viry-Chatillon, (Essonne), venus de 18 restaurants d’Ile de France appartenant à la chaîne. Courageusement, ces salariés exigent aujourd’hui leur régularisation. A la blanchisserie industrielle Modeluxe, qui avait connu une semaine d’occupation il y a sept mois, 22 sans-papiers avaient finalement obtenu leur régularisation, mais la majorité n’a pas pu réintégrer l’entreprise. Une procédure devant le tribunal des prud’hommes est en cours.

Eldorado ? A se demander que feraient nos ministres, si bons pères de famille, s’il étaient confrontés à la misère, à l’absence d’avenir, aux pressions familiales, aux normes sociales, à l’absence de Liberté. Cueilleraient-ils des fraises ? Travailleraient-ils chez Buffalo-grill ? Supplieraient-ils pour se faire embaucher chez Modeluxe ?

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Article VP juillet aout 2007

"Le 17 juin, le groupe Cimade était missionné pour organiser la fête de Chanat. Un grand merci aux Eclaireurs et à tous ceux qui nous ont aidé pour pouvoir accueillir tout le monde dans ce lieu paisible.
Nous remercions biensûr Alain pour le moment de méditation fort à propos et agitateur d'esprit comme nous aimons !
Après le repas communautaire, nous avons testé le jeu "Parcours de Migrants" réalisé par la CIMADE. Avec ce jeu, c'est une façon ludique d'aborder les questionnements politiques liés à l'actualité des phénomènes migratoires. Ce jeu nous amène surtout à prendre conscience de la vie réelle des étrangers en France. Ainsi mieux informés et conscientisés, nous pouvons exercer notre responsabilité sociale dans la société. Ce jeu est gratuit et téléchargeable sur le site national de la Cimade : www.cimade.org. Nous organiserons au Café Les Augustes une soirée avec ce jeu le15 novembre 2007 19 h 30.

L'actualité de cet été concernant les migrants ressemble un peu à celle de l'année dernière à la même époque... Souvenez vous, la circulaire Sarkozy laissait croire aux familles d'enfants scolarisés qu'elles seraient régularisées. 30 000 avaient déposé un dossier, 7 000 avaient été régularisées et la Cimade, après enquête, a rédigé un rapport intitulé "De la Loterie à la Tromperie". La réalité sociale de ces familles n'a pas changé en un an, nous assitons à la même détresse et à la même incompréhension. Mais le "dossier" n'a pas bénéficié de la même converture médiatique cette année, les élections auront mobilisé les médias et les gesticulations présidentielles font illusion comme les ombres se projetant sur les parois de la caverne de Platon. Il y a un an, nous étions sur un deuxième front : Sarkozy alors Ministre de l'Intérieur faisait passer sa deuxième loi modifiant le Code d'Entrée et de Séjour des Etrangers et de la Demande d'Asile. Tous les décrets de cette loi ne sont pas publiés qu'un nouveau projet de loi est annoncé, renforçant le dispositif anti-vie familiale de la première loi. Là encore, peu de réaction, peu de médiatisation, à peine avons nous entendu les alertes sur le danger de l'amalgame immigration/identité nationale, à peine nous nous sommes mobilisés à ce sujet qu'il fallait donner la réplique sur un autre front. A croire que nous sommes entrés dans une stratégie de pilonage législatif et politique, une stratégie de l'assomoir.
Que contient ce projet de loi ?
Des mesures pour complexifier le regroupement familial :
- contrat d'accueil et d'intégration pour continuer la marche de la déresponsabilisation sociale et de la responsabilisation individuelle, accompagnée de sanctions et non d'éducation et de solidarité.
- la maîtrise du français devient un critère pour obtenir un titre et cesse d'être considéré comme une mesure d'accueil et d'intégration. Un Droit devient un Devoir.
- relèvement des conditions de ressources pour prétendre au regroupement familial, mesure purement "mécanique" pour limiter le droit de vivre en famille qui ne répond en rien à un quelconque problème, preuve de la motivation purement idéologique du projet de loi.
Une mesure sur l'asile pour répondre à la condamnation de la Cour Européenne des Droits de l'Homme au sujet de l'absence de recours juridictionnel de plein droit suspensif pour ceux qui demandent l'asile au moment de leur entrée sur le territoire.  Désormais, les demandeurs d'asile auront 24 heures... Une misère...
Une mesure venant corriger un excès inapplicable de la loi de juillet 2006 : les conjoints de Français qui vivaient en France de façon temporaire ne seront plus tenus de demander un visa de long séjour pour changer leur statut.

Avec ce projet de loi, le gouvernement renchérit dans la suspicion et l'humiliation. Le regroupement familial represente environ 21 000 personnes par an. Ces mesures vont humilier un peu plus tous les candidats pour finalement empêcher que quelques centaines. Beaucoup de malheur familial, beaucoup d'atteinte à la culture de fraternité pour seulement donner l'illusion d'une politique efficace.

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